Le sumo, art ancestral japonais

Les formes de combat à mains nues depuis la la nuit des temps : les hommes alternent les périodes de paix, avec celles de guerre. Ils ont combattu individuellement ou en groupe, car le système le plus ancien et le plus naturel est le combat à mains nues. Au Japon, dans le plus ancien livre connu, le kojiki », il y a une scène de combat à mains nues. C’est un combat mesurant la supériorité physique entre deux ―kami’ (généralement traduit par dieux), il est précisé que le sumo est né lorsque Nomi no Sukume et Taiwa no Kehaia ont combattu, mais il semble évident qu’il s’agit d’un sumo différent de la légende actuelle selon laquelle Sukume a tué Kehaia en lui fracturant la hanche d’un coup de pied et en le tuant en l’écrasant avec son pied. Ceci nous indique que contrairement au sumo que nous connaissons aujourd’hui, en l’an 7 de l’empereur ZWININ, il n’y avait pas de technique interdite dans les combats.

sumo boddidarma

La lutte appelée « sumo » a commencé à être réglementée il y a environ 800 ans. Jusque-là les combats se allaient jusqu’à la mort, et cela jusqu’à la fin de la guerre (vers l’an 1600) et c’est à partir du shogunat Tokugawa que les interdictions commencèrent à s’établir : ils commencèrent à se battre avec des protections et c’est là que les shinai firent leur apparition pour éviter le danger mortel du katana.

sumo estampe japonaise

Après ces considérations, les conclusions suivantes peuvent être établies :

  1. Dans les temps anciens, ils se battaient sans armes jusqu’à la vie ou la mort.
  2. En même temps que la coutume de combattre à mort sans armes ni interdictions est maintenue, les kata sont inventés, grâce auxquels la technique peut être apprise et étudiée sans risque mortel. C’est cette forme de karaté qui nous est parvenue.
  3. Dans le sumo, les combats à morts se font de moins en moins en raison des interdits (le sumo d’Okinawa contient plus d’interdits que celui de Hondo).

Sumo-dessin-traditionnel

Boddidharma et le karaté ?

L’attribution douteuse de l’invention du karaté-do : Il a été affirmé que le karaté a été inventé par Daruma Boddidharma lui-même, il y a environ 1400 ans. Selon certains enseignants et universitaires, il existe de sérieux doutes à cet égard. Daruma, qui venait d’Inde, est venu au temple Shaolin en Chine. Depuis, il y a ceux qui l’associent au style Shaolin. Il existe un livre, le « Eki kin kyogi » qui défend cette hypothèse mais il semble qu’il ait été écrit dans l’intention d’attribuer cette paternité bénéfique à Daruma.

Bodhidharma-shaolin
Daruma Boddidharma

Le temple Shaolin est depuis longtemps célèbre pour sa relation avec Daruma Boddidharma et pour son kempo. Pour cette raison, beaucoup de gens pensent que le kempo a été apporté par Daruma lui-même, mais les preuves semblent indiquer qu’il existait déjà bien avant son arrivée. Les moines pratiquaient les arts martiaux pour défendre le temple et ses trésors à une époque où ils recevaient peu de protections de leurs dirigeants (heureusement que ça a changé ! ;D).

Daruma Boddidharma
Daruma Boddidharma

Le temple Shaolin

Le temple Shaolin est célèbre pour son art martial (kung fu), il fut construit en 495 sous l’ordre de l’empereur Xiao-wen. Il est situé au pied du mont Chong-shan, dans la région du Henan. C’est, par rapport à son emplacement, appelé temple Chong-shan-Shao-lin. Shaolin est connu comme le lieu où vécut Boddidharma, fondateur de l’école zen et c’est celui qui a effectué le fameux « zen assis » (méditation pendant 9 ans face à un mur). La présence de ce moine en ce lieu a conduit à l’octroi du titre de fondateur du style shaolin ou kempo, mais cette hypothèse est fausse. Il faut dire que concernant le kempo de shaolin, il existe plusieurs versions et variations régionales autour du temple.

temple Shaolin
temple Shaolin

Utilisation du baton par les moines de shaolin

Cependant, le Shaolin que nous connaissons aujourd’hui est assez éloigné de l’original, puisque apparemment les Shaolin d’avant l’ère Meiji utilisaient principalement des techniques de combat avec l’elbô, c’est à dire le bâton.

Le temple Fujian-shaolin

Dans les régions du sud de la Chine comme le Fujian ou Canton, la tradition des techniques de combat était transmise et considérée comme provenant du temple Shaolin. Cependant, il ne s’agit pas du temple Chong-shan-shaolin mais du temple dont le nom est Fujian-shaolin. Contrairement à Chong-shan, il n’existe pas aujourd’hui, son emplacement exact ne peut donc pas être déterminé.

Chong-shan-shaolin est situé au nord de la rivière Yang-tseu, tandis que Fujian-shaolin était situé au sud de la rivière. Pour ce fait, les deux temples étaient appelés respectivement le Shaolin du nord et le Shaolin du sud, tandis que la technique de combat élaboré par chacun est désigné par «kempo du style du nord» et «kempo du style du sud».

Des moines voulant protéger leur religion

On sait que la Chine a toujours connu le tumulte des guerres, et que les lieux de culte ont eu besoin de se défendre pour protéger leurs biens et leurs bâtiments. Cela explique la naissance et le développement de leurs propres techniques de combat. La religion, comme dans d’autres pays, était à la fois protégée et interdite selon qui détenait le pouvoir, et les temples n’échappaient pas à cette règle.

Des moines qui partent dans le civil

Chassés par le pouvoir, certains moines Shaolin ont du quitter les temples. Ils s’installèrent dans d’autres lieux de culte et initièrent leurs propres techniques. Certains d’entre eux sont revenus dans le monde profane et ont influencé les techniques de combat des civils. En effet en Chine on distingue deux courants de pratique des arts martiaux : au sein du temple avec les moines, ou dans le monde des civils. Le premier est appelé «kempo interne» (celui de la maison), et l’autre «kempo externe» (celui extérieur à la maison), dont le tai-chi-chuan en est aujourd’hui l’exemple le plus représentatif.


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