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Trois localités, trois formes différentes de Karaté

Si Okinawa est le berceau du karaté, trois localités – Shuri, Naha et Tomari – ont produit une recherche constante sur les techniques de combat. Chacune de ces villes nous a transmis son propre style de karaté.

Shuri, Naha et Tomari
Shuri, Naha et Tomari

Le terme karaté existe depuis la trente-quatrième ou trente-cinquième année de l’ère Meiji (1868-1912) lorsque cette discipline est devenue une matière obligatoire de l’enseignement secondaire. Cependant, remarquez que le terme tô-di avait été utilisé pour désigner le Kenpo chinois afin de le différencier du Ryukyu Kenpo qui s’appelait thi. Le tô-di était écrit avec deux caractères chinois, et ces deux caractères ont été récupérés pour le nom de karaté. Rien n’a vraiment changé la façon dont les caractères chinois étaient prononcés ; tô-di est la prononciation chinoise à la manière des Ryukyu, tandis que le karaté est la prononciation en japonais.

Il ne s’agit pas de l’invention d’un nouveau nom, il ne s’agit que du changement d’une prononciation, on dit que c’est la japonisation de la prononciation. Le terme karaté n’était pas une invention d’Okinawa. Avant l’introduction de ce mot, les trois styles d’Okinawa se distinguaient en ajoutant le terme -te au nom de chacune des trois villes (Shuri-te, Naha-te et Tomari-te). La plus ancienne est celle de Shuri – te. Cela a évolué sur l’île à sa manière avec le Kenpo chinois comme élément de stimulation. Beaucoup voyait en cette ancienne forme du shuri-te le seul vrai -te. La naissance du Naha-te est relativement récente et conserve les caractéristiques du Kenpo chinois, le Tomari-te se situant entre les deux, tant par son lieu de naissance que par ses techniques.

Le professeur Itosu Anko

La plupart des enseignants qui devaient plus tard jouer un rôle important dans le développement du karaté provenaient de l’école du professeur Itosu Anko. Maître Itosu commençait à s’entraînant à la même heure tous les jours, il répétait ses coups de poing contre le makiwara des centaines de fois par jour, ses mains étaient noircies et dures comme de la pierre.

A l’époque de Maître Itosu, le karaté était loin de la notoriété et de l’infrastructure d’aujourd’hui. Pour les karatékas de l’époque, les jardins familiaux étaient leur lieu d’entraînement. C’est pourquoi Itosu a dû restreindre son enseignement à seulement quelques élèves.

Itosu et Funakoshi
Itosu et Funakoshi

L’envahisseur Japonais

L’invasion des Ryukyu par les troupes de Satsuma, constitue l’étape la plus décisive pour le développement du karaté. Celui-ci devait être développée dans la clandestinité afin de ne pas éveiller les soupçons parmi les envahisseurs japonais. D’où le développement d’outils agricoles comme armes par les ryukyu-kobudo.

Contrairement à cette situation d’interdiction à Okinawa, le kenjutsu (technique du sabre) ou jujutsu étaient pratiqués au sein de la classe dirigeante et de ses représentants. Grâce à cela, nous avons pu conserver des traces écrites pour assurer leur transmission aux générations futures. Malheureusement, pour le karaté, il n’y a pas de manuel pédagogique ni de document écrit de cette époque.

L’importance des katas

Les anciens maîtres trouvèrent un moyen de transmettre les secrets des techniques qu’ils avaient apprises et développées au cours d’expériences dangereuses de combat réel. Ces techniques étaient écrites dans les katas.

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Les katas sont l’héritage du karaté et c’est à travers la répétition des katas que l’on a appris l’essentiel de la technique du karaté et la philosophie qu’elle dégage. Autrefois, apprendre thi signifiait apprendre des kata et rien d’autre. D’ailleurs, à part Itosu et Higaonna, les grands maîtres n’enseignaient qu’un seul kata.

De nos jours, beaucoup de katas ont des variantes jusque dans leur dénomination, donnant soit le nom du maître qui l’a modifié, soit ce nom de la localité où il a été créé.


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